cueillette sauvage réussie et responsable

Partir se promener dans la nature, c’est s’accorder une pause, se donner l’occasion d’observer le territoire dans lequel on évolue, être attentif à cette nature si diversifiée. C’est aussi l’occasion de renouer avec sa part sauvage, de réveiller ses sens !

C’est encore la possibilité de cueillir des plantes comestibles ou médicinales, pour les utiliser en cuisine ou réaliser des remèdes maison à la fois simples et efficaces (infusion, décoction, macérât huileux, sirop, etc.). On profitera ainsi de toute leur richesse en minéraux, en vitamines et de leurs principes actifs.

Sans être parfaitement exhaustive, voici la liste des principales erreurs à éviter et des règles à respecter pour réaliser en toute quiétude sa cueillette en pleine nature. Ainsi aguerri.e aux bonnes pratiques, vous n’aurez qu’une envie, celle de recommencer ! Et ça tombe bien car la cueillette est pour beaucoup une question d’entraînement !

Vous trouverez dans cet article mes conseils pour une cueillette sauvage réussie et responsable !

rosier sauvage

Rosier sauvage (rosa canina) – récolte de cynorrhodons en hiver

Evitez les polluants et le risque de maladies

Choisissez des sites naturels préservés comme des chemins de terre éloignés des routes, des clairières, des forêts.

Par déduction, proscrire la cueillette en bord de route très fréquentée, mais aussi près des rivières qui sont pour la plupart polluées, ou encore ​aux abords des terrains agricoles (risque d’usage de produits chimiques) ou d’élevage (risque d’usage d’antibiotiques et d’hormones, d’infection des animaux). La Douve du foie est par exemple une maladie due à un parasite infectant le foie des ovins et des bovins. Quand elle se transmet à l’homme, elle peut générer une cirrhose du foie…

Evitez également des endroits avec de l’eau stagnante, propice au développement des bactéries et autres parasites.

Préférez les végétaux situés en hauteur. Vous éviterez ainsi l’échinococcose, maladie parasitaire transmise par les déjections des loups, renards, chiens et chats.

Si vous avez un doute, faites cuire les végétaux à + 70°C pendant 5 min.

Ne prélevez que les végétaux sains, sans tâche et intactes (ceux qui n’auront pas été grignotés par les rongeurs ou les oiseaux).

Comme au jardin, pensez à désinfecter vos ciseaux ou couteau AVANT et APRES la cueillette !

Ce n’est pas directement en lien avec le thème de la cueillette, mais je vous recommande de vous protéger des piqûres de tiques en portant des vêtements qui couvriront a minima vos jambes, voire vos bras. Pensez à rentrer le bas du pantalon dans la chaussette. La tique est connue pour transmettre la maladie de Lyme (appelée aussi Borréliose de Lyme).

Soyez sûr de l’identité de la plante

Pour une bonne identification, soyez attentif aux éléments qui la composent (tiges, feuilles, fleurs, etc.) et sollicitez toutes vos connaissances. A défaut, vous pourriez la confondre avec une autre plante qui n’a pas d’intérêt particulier, ou qui possède des propriétés différentes que vous ne visez pas, ou pire… qui est toxique !

Quelques exemples courants de confusion (plante à cueillir vs plante toxique) :

  • l’ail des ours vs le muguet ou en encore la colchique, deux plantes toxiques…
  • le raisin vs le fruit de la belladone
  • la consoude vs la digitale
  • la gentiane vs la vérâtre
  • l’oseille vs l’arum…

Si vous avez un doute, pas de tergiversation ! Passez votre chemin ! Pensez à prendre la plante en photo pour faire quelques recherches ultérieurement dans des livres de botanique, ou en utilisant des applications d’identification comme Tela Botanica ou en vous rapprochant d’experts en la matière. Pensez aux associations de votre région qui organisent des sorties botaniques. Dans le département du Rhône, vous avez par exemple Les Herbes Sauvages.

tanaisie

Tanaisie

bourrache

Bourrache

Pour une cueillette fructueuse !

Si vous débutez dans la cueillette, ne vous focalisez pas sur une espèce en particulier. Vous risquez de ne pas la trouver et d’être frustré.e ! Observez plutôt celles qui sont largement disponibles sous vos yeux et en fonction, cueillez les plantes que vous identifiez sans ambigüité !

Autre option : si vous visez un objectif précis, renseignez-vous au préalable sur les plantes disponibles sur le territoire en fonction du mois en cours.

La période de récolte dépend donc des espèces (et varie quelque peu selon la région), mais aussi de la partie récoltée. Cueillir une partie précise en fonction de la saison permet de ne pas altérer le cycle de la plante et d’optimiser les propriétés recherchées.

Voici les parties à récolter en fonction de chaque saison :

Automne : les parties souterraines de la plante (racine, rhizome, bulbe), les semences (quand les fleurs sèchent)

Hiver : le bois et l’écorce des arbres (quand la sève est stockée dans les racines)

Printemps : les tiges (après la foliation et avant la floraison) / les feuilles (juste avant la floraison)

Printemps/Eté : les sommités fleuries (au début de leur épanouissement) et les fleurs (en bouton pour les plus fragiles, au début de leur épanouissement pour les autres)

Préservez la nature, elle vous le rendra !

Commencez par vous renseigner sur les espèces protégées dans votre région.

Une fois cette liste écartée, visez des végétaux présents en abondance sur le site de cueillette, et ceux dont c’est la pleine saisonnalité. Epargnez ceux qui sont encore en faible quantité.

Respectez une cueillette représentant un maximum de 10% du volume disponible. D’abord, parce que la plante a besoin de poursuivre sa croissance et de se reproduire. Ensuite parce les animaux doivent pouvoir également s’en nourrir (n’oublions pas qu’ils participent largement au renouvellement et au développement des végétaux : dispersion des graines provenant des déjections, transport du pollen).

Prélevez uniquement la quantité de végétaux dont vous avez besoin pour éviter tout gaspillage.

Limitez l’humidité !

Préférez la cueillette par temps sec, en milieu de matinée après la rosée, pour que la plante soit fraîche sans pour autant être mouillée.

Une fois prélevés, les végétaux sont fragilisés. Voici quelques indications pour les protéger : déposez la plante dans un sachet en papier kraft (bannissez le plastique qui va favoriser la condensation et ainsi accélérer le flétrissement des feuilles par exemple). De la même manière, organisez la disposition des sachets en fonction de la fragilité des parties, de leur poids. Pour le côté plus pratique et sécure, prévoyez un sachet par plante.

achillée millefeuille

Achillée millefeuille

calendula

Calendula

Bien les conserver dans le temps

Dès votre retour de cueillette, procédez au séchage :

Les fleurs, les sommités florales et les feuilles doivent être étalées sur du papier ou un tissu en coton propre dans une pièce aérée, sans exposition directe au soleil. Il m’est arrivée de les recouvrir d’une cloche à fromage pour les protéger des petits insectes que l’on croise plus facilement dans sa maison en plein été ! En fonction de la fragilité de la plante, de sa densité en eau, il est possible de la faire sécher en petits bouquets qui seront suspendus la tête en bas.

Attention : le temps de séchage est variable. Contrôlez régulièrement.

Pour les racines de plante : au préalable, il faudra les laver et les couper en tronçon. C’est ensuite le même processus de séchage.

Ensuite, le stockage se fait toujours à l’abri de l’air et de la lumière, dans un bocal en verre stocké dans un placard ou une pièce sombre.

Les graines seront conservées dans une enveloppe ou un sac en papier, dans une pièce fraîche et sombre.

Sur une étiquette adhésive, indiquez toujours l’espèce et la partie récoltée, la date et le lieu de cueillette.

 

Vous avez désormais toutes les cartes en mains pour commencer sereinement vos cueillettes de plantes comestibles et médicinales en pleine nature !