cure de sève de bouleau bon pour la santé

Utilisée en cure, la sève de bouleau est connue de façon empirique pour ses vertus dépuratives et revitalisantes.

En ce mois de mars, on voit la sève de bouleau présentée dans les magasins de produits naturels. Connue depuis des siècles pour ses vertus énergisantes et drainantes, elle se consomme au changement de saison après la période hivernale. C’est donc LE MOMENT DE L’ANNÉE pour en profiter !

Fraîchement récoltée en ce tout début de printemps, c’est une cure douce et équilibrée, réputée pour sa sureté dans le cadre d’une consommation raisonnable, selon la posologie indiquée plus bas. Il existe toutefois quelques contre-indications que je vous invite à regarder attentivement, comme toujours.

De quel arbre parle t-on ?

Le bouleau blanc (Betula Alba, Bouleau pendula), ou bouleau verruqueux (Betula verrucosa) duquel elle est extraite, est un arbre de la famille des Bétulacées. Il est facilement reconnaissable grâce à son port élancé, à son écorce lisse blanche et argentée, ses branches légères, parfois pendantes et à ses feuilles en forme de losange. Exigeant en lumière, cet arbre pousse dans des forêts bien éclairées, sur des sols pauvres et silicieux, plutôt acides et humides, mais sait s’adapter à d’autres compositions. Il est présent dans des régions froides et humides : dans le grand nord canadien, en Russie et dans toute l’Europe du Nord. En France il est présent partout, à l’exception du bassin méditerranéen.

Depuis la préhistoire, le bouleau accompagne l’homme qui a su en tirer profit au quotidien (usage alimentaire, médicinal, comme support d’écriture, etc.). Symbole du printemps, du renouveau et de la pureté, il a toujours occupé une place importante dans la culture des peuples du nord. Dans la tradition druidique, lors du solstice d’hiver, on avait pour habitude de brûler une bûche de bouleau.

Au fil des siècles, plusieurs médecins ont souligné les vertus médicinales de la sève, même si aucune étude scientifique atteste réellement de ses bénéfices, contrairement à la feuille et à l’écorce qui sont bien documentées. Longtemps connue de façon empirique, on la retrouve dans des pharmacopées traditionnelles en Russie, en Scandinavie et en Italie. Plus récemment, le Docteur Jean Valnet, père de la phytothérapie et aromathérapie modernes, la recommande contre la lithiase urinaire et les coliques néphrétiques dans son livre « La Phytothérapie – Se soigner par les plantes ».

La récolte de la sève :

La sève est extraite de façon artisanale entre mars et avril, au moment de la montée de sève, avant l’éclosion des premiers bourgeons. Afin de ne pas fatiguer l’arbre, le prélèvement se fait dans le respect de quelques gestes techniques, en quantité minimale, sur une durée limitée et sur des arbres qui disposent déjà d’une belle puissance pour ne pas être impactés par le prélèvement. Le liquide est opalescent, avec un goût légèrement sucré.

Composition :

La sève est faite à 95% d’eau et contient un peu de sucre (principalement du fructose),

De sels minéraux : principalement du potassium, calcium, silicium, phosphore, magnésium et des oligo-éléments (zinc, silicium, fer, manganèse, soufre, cuivre, … présents en petite quantité).

Elle contient aussi de nombreuses vitamines (A, C, D et vitamines du groupe B), des acides aminés (dont les 8 essentiels), des polyphénols qui sont anti-oxydants comme les tanins, les flavonoïdes, des acides (malique, citrique, … ), des dérivés salicylés (action anti-inflammatoire proche de l’aspirine), de l’acide bétulinique (antiviral et antioxydant) et des mucilages (fibres solubles qui viennent piéger les triglycérides et qui régulent le transit intestinal en cas de constipation. Utiles aussi pour réguler le taux de sucre dans le sang).

Propriétés et contre-indications :

La sève étant diurétique (qui augmente la production d’urines) et sudorifique (qui augmente la transpiration), elle permet l’évacuation des toxines par les reins et la peau. On dit aussi qu’elle a une action sur le cholestérol et les triglycérides. Ces vertus en font donc un produit naturel drainant. On lui attribue également des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et astringentes (vasoconstrictrice et régulatrice du sébum).

Elle est recommandée en cas de : cystite, lithiases urinaires, problèmes de peau dont l’eczéma et le psoriasis (compresses ou voie interne), arthrite, rhumatismes, cholestérol élevé, cellulite et rétention d’eau.

Elle ne convient pas en cas d’insuffisance rénale, d’allergie à l’aspirine (car présence de dérivés salicylés), d’allergie au pollen (plus par précaution qu’en raison d’un réel danger, si le prélèvement n’a pas été fait correctement), en cas d’œdème pathologique (en lien avec une maladie), en cas de traitement allopathique ou de pathologie, toujours demander conseil à son médecin traitant.

Posologie :

En cure de 3 semaines, consommer 1 petit verre (env. 15-20 cl) le matin a jeun. En général, on prévoit 3 litres pour une cure de 3 semaines.

Où la trouver :

En magasin bio, en herboristerie et chez des producteurs locaux. Elle doit être 100% pure, sans conservateurs, issus d’une filière certifiée qui respecte les exploitations de bouleau.

Conservation :

Bien conserver la sève au réfrigérateur. Une température inférieure à 4° de manière va stopper la fermentation due à la présence de fructose. Lorsque la sève commence à fermenter, elle se trouble et devient de plus en plus acidulée. Elle reste drainante, mais la fermentation lui confère davantage de propriétés immuno-stimulantes.

Et pourquoi pas une seconde cure à l’automne ?

Dans ce cas, vous utiliserez :

  • soit de la sève de bouleau pasteurisée (la chauffer à 70° permet de la stabiliser mais elle perdrait de fait un peu de ses propriétés).
  • soit de la sève conditionnée sous vide. Le prix sera plus élevé du fait du mode de conservation.

Que dit-on de la feuille, de l’écorce ou du bourgeon de bouleau ?

En phytothérapie, on profitera des propriétés du bouleau blanc en réalisant une infusion de feuilles (aux propriétés diurétiques, antiarthritiques, antigoutte), ou encore en préparant une décoction d’écorce (dépurative rénale encore et toujours, avec une action plus marquée que la feuille sur les problèmes de peau). Pour les mêmes indications, on pourra également utiliser le bourgeon en gemmothérapie (une branche de la phytothérapie).

Autres inspirations de saison : l’ortie

L’ortie est un exemple de plante aux propriétés similaires. Comme le bouleau, la feuille d’ortie est reminéralisante, anti-oxydante, drainante des voies urinaires et anti-inflammatoire. Je l’introduis ici car on la cueille en ce début de printemps, quand la feuille est jeune, douce en goût. On peut la préparer en infusion, en soupe. J’aurais l’occasion de vous parler de l’ortie lors d’un prochain article.

A très bientôt !

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