faire soi meme son infusion

Ces deux utilisations traditionnelles des plantes constituent la base de la phytothérapie !

Je vous explique ici l’intérêt de ces deux pratiques ancestrales, ce qui les différencie et la recette précise pour chacune d’elle.

Voici pour moi les avantages de ces deux usages traditionnels :

  • Tout d’abord, les recettes de la tisane et de la décoction sont à la portée de tous ! Elles ne nécessitent pas de matériel spécifique et restent simple à réaliser !
  • Ces deux formes traditionnelles nous permettent de profiter au mieux des propriétés médicinales d’une plante (ou de la partie utilisée) car on ne l’aura pas dénaturée. Ses vertus sont donc préservées en totalité,contrairement à un produit fabriqué en laboratoire issu de matières premières transformées.
  • Cela permet de se familiariser au goût d’une plante et à son aspect. En conséquence on devient plus à l’aise pour l’identifier dans la nature. On gagne ainsi en connaissance et en autonomie !
  • Réaliser soi-même son infusion ou sa décoction rend acteur/actrice de sa santé : prendre soin de soi, s’accorder du temps, comprendre et donner du sens à ce que l’on fait et à ce que l’on consomme participent à notre équilibre et à notre santé.
  • Enfin, boire régulièrement des infusions ou des décoctions peut être un bon moyen d’augmenter sa consommation d’eau​, surtout pour ceux qui​ ont du mal​ à boire ​de simples verres d’eau régulièrement dans la journée.

Infusion ou Décoction, quelle forme choisir ?

Le choix entre l’infusion et la décoction dépend de la partie de la plante que l’on utilisera en fonction de ses propriétés et des effets recherchés. En effet, la composition ou la concentration en principes actifs est variable selon qu’il s’agisse de la fleur, de la tige, de la feuille, de la racine pour une même plante.

L’infusion est idéale pour les parties fragiles comme la fleur, les sommités fleuries, le bouton ou la feuille.

La décoction est réservée aux parties plus coriaces comme la graine, la racine (de gingembre par exemple), l’écorce ou l’aubier…

Dans quel cadre ?

On peut en profiter en sirotant une tasse occasionnellement pour le goût agréable, ou pour les propriétés désirées sur l’instant (tisane digestive, apaisante, stimulante, expectorante, etc). Dans ce cas, on peut mélanger des plantes aux vertus complémentaires. Pour une infusion digestive à prendre après un repas par exemple, on peut mélanger des feuilles de romarin, de menthe et de mélisse.

Autre possibilité : une cure sur plusieurs semaines, recommandée par votre naturopathe pour un travail de fond. Dans ce cas, la quantité bue est en général d’1 litre par jour pendant 21 jours.

Mes recommandations : une cure de 3 semaines doit être nécessairement conseillée par un professionnel averti, car en fonction des composés chimiques de la ou des plantes choisies, d’un traitement médicamenteux suivi en parallèle, les dangers existent (surdosage, interactions, effets secondaires). Penser à prévenir votre médecin, particulièrement si vous suivez un traitement allopathique. D’ailleurs, le naturopathe pensera à vous interroger à ce propos.

Ci-dessous, vous trouverez les recettes de l’infusion et de la décoction. Les indications données (quantité/temps d’infusion ou d’ébullition) sont ici les plus courantes, mais celles-ci peuvent varier.

1/ Réaliser son infusion dans les règles de l’art :

La recette pour un bol :

Dans une casserole, ajouter 1 cuillère à soupe (cs) de plante séche à 250 ml d’eau froide. Le départ à froid permet une meilleure diffusion des principes actifs de la plante. Si la plante est fraîchement cueillie, dans ce cas il faudra prévoir 2 cs pour 250 ml d’eau froide.

Faire chauffer à feu doux.

Aux premiers frémissements, arrêter le feu.

Couvrir et laisser infuser 5 à 15 min.

Filtrer à l’aide d’une passoire en veillant à récupérer les gouttes qui auront condensé sur le couvercle car celles-ci contiennent un peu d’huile essentielle de la plante.

Dans l’idéal, il ne faut pas la sucrer (cela dénature le goût et en général le sucre ne manque pas à notre alimentation !). Il est donc important d’avoir recours à des plantes dont le parfum vous est agréable. Si vous devez sucrer, utilisez dans ce cas un miel de qualité, en quantité limitée.

2/ La recette pour une décoction réussie : une variante de l’infusion

Il s’agit en effet de la même recette que l’infusion, à l’exception de 2 points :

  • Concernant l’unité de mesure : ici, on utilise 1 cuillère à café (cc) pour 250 ml d’eau froide. Si la partie est fraîchement ramassée, on double aussi les doses (2 cc pour 250 ml d’eau froide).
  • Au moment de l’ébullition, on maintient le feu pendant 10 à 20 minutes (plus la partie est coriace, plus le temps d’ébullition est long).

​Ce temps écoulé, o​peut alors coupe​r le feu ​pour filtre​r la préparation ​et la consommer.

 

Où s’approvisionner ?

 

En boutique :

Chez un herboriste, en supermarché bio ou auprès de petits producteurs Bio, vous aurez la qualité d’une plante sèche non-irradiée, avec la traçabilité indiquée sur l’emballage.

Conservation ​des plantes achetées :​ afin de​ les protéger de l’air et de la lumière, vous pouvez conserver vos plantes sèches dans un placard.

Dans son jardin :

Pensez à planter des variétés chez vous (à condition toutefois d’habiter à la campagne dans une zone bien préservée de la pollution). Vous pourrez consommer vos plantes fraîches (en veillant à doubler les doses comme indiqué plus haut) ou les faire sécher vous-même avant utilisation.

Voici quelques exemples de plantes à récolter dans son jardin (bien entendu, n’utilisez pas de produits chimiques !). Je les ai répertoriées en fonction de la partie couramment utilisée. Vous en déduirez par vous-même le choix de l’infusion ou de la décoction.

Vous verrez que la plupart des exemples donnés sont utiles également en cuisine !

Les feuilles : la verveine, la mélisse (également les sommités fleuries), la menthe, le framboisier, le cassis, la sauge officinale, le thym, le romarin (ainsi que les sommités fleuries), l’hélichryse italienne (connue aussi sous le nom d’« immortelle »), marjolaine à coquilles (feuille et fleur), l’estragon, le basilic (également les sommités fleuries).

Les fleurs : le calendula (connu aussi sous le nom de « souci des jardins »), la mauve, la camomille (boutons), le tilleul (la fleur et sa bractée = la feuille attachée à la fleur), la lavande, la bruyère cendrée et commune, la sarriette des montagnes.

fleurs de calendula

Fleurs de calendula

Les racines : l’échinacée, la carotte, le fraisier.

Les graines : le fenouil, le céleri, la badiane, la coriandre.

Les écorces : le tilleul (l’aubier), le chêne, le bouleau, le saule… Avec les écorces d’arbres, on vise plus les propriétés médicinales que le goût !

​J’en profite pour vous conseiller l’association Kokopelli qui dispose d’un large choix de semences Biologiques et reproductibles (semences potagères, aromatiques, médicinales et florales).

En pleine nature :

Pensez à la cueillette lors de vos balades en forêt ou à la campagne.  

Quelques plantes sauvages facilement reconnaissables et disponibles : le millepertuis (fleurs), l’achillée millefeuille (sommités fleuries), le thym, l’ortie piquante (partie aérienne, racine), l’aubépine (fleur, baie, feuille), la reine des près (fleur, partie aérienne), le sureau (baies), le cynorhodon (faux-fruit de l’églantier), le pissenlit (feuille, bouton, fleur et racine)

Cette pratique répond à quelques règles que vous trouverez dans cet article “Mes conseils pour une cueillette sauvage réussie et responsable“.

En résumé, l’infusion et la décoction, c’est un jeu d’enfant et une belle entrée en matière pour découvrir la phytothérapie ! N’hésitez pas à les tester avec des plantes simples issues du jardin ou chez un professionnel qui vous conseillera*.

*Attention ! Certaines plantes indiquées dans cet article peuvent ne pas vous convenir, même pour une consommation occasionnelle. Vérifiez toujours leurs propriétés, leur usage et les contre-indications avant la prise, ou demandez conseil directement à un professionnel.

thym serpolet

Thym serpolet